Overblog Tous les blogs Top blogs Lifestyle
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Ma vie quotidienne, avec ses découvertes, ses lectures, ses reminiscences,ses souvenirs, sa musique, ses joies (et ses peines aussi, peut-être).

Publicité

Binettes

R-Marles-1.jpg   Toujours ce charmant petit village briard, où nous avons nos habitudes médicales. C'est Marles. Sa belle église par dessus les toits, une place calme où le maire, qui est une maire et aussi une mère je suppose, a fait aménager une aire de jeu pour les tout-petits. On a envie d'y habiter. Il y a un café, une boulangerie, deux médecins, enfin ce qu'il faut pour survivre.R-Marles-2.jpg    Les habitants ont un beau lavoir en meulière, dont le bassin vide pourrait être une pataugeoire charmante, et surtout le gaz à tous les étages grâce à de gros tuyaux.R-Marles-3.jpg    Ici aussi, les candidats montrent le bout de leur nez avec de belles affiches. Tandis que Thibault consulte, je montre à Pamina les belles images en couleurs. R-Candidats.jpg   Je lui explique que jadis un candidat à la plus haute fonction républicaine, qui descendait de Louis XV et qui tombait facilement amoureux des princesses, qui avait des prétentions aristocratiques, comme un présentateur du journal télé, qui s'est acheté aujourd'hui le beau château d'Estaing en Aveyron, ce candidat prétendait regarder la France au fond des yeux. Les candidats d'aujourd'hui, que regardent-ils ?

   Six d'entre eux te regardent, Pamina. Les quatre autres ? Il y a le numéro 8 : il tourne carrément la tête à gauche et semble faire risette à des gens qu'on ne voit pas ; Voudriez-vous de moi ? A côté de lui, un inconnu, pas très gai, devant une usine désaffectée, toute grise. La photo est sans relief. C'est pas très engageant pour cheminer avec lui. Un peu plus loin, au numéro 3, on découvre un immense ciel vide. Et sous ce ciel, une mer déserte. Le candidat s'est collé contre le bord de la photo. Il ne regarde rien, si, le vide devant lui. Il pose, comme absent. Je pense au Raminagrobis de la fable. Un chat faisant la chattemite. Vous connaissez la fin du Chat, la belette et le petit lapin. Passons. Nous ne voulons pas être attrapés une deuxième fois. Et puis tout près, sur sa droite curieusement, le seul qui s'adresse à nous : Prenez le pouvoir ! Au moins, il y en a un qui pense à nous parler. Pris en légère contre-plongée, il regarde au loin. Oui, il regarde, il n'a pas les yeux dans le vague lui, comme le numéro 3. On imagine ce qu'il voit : le soleil levant, des lendemains qui chantent. L'épaule (gauche) en avant, on le sent résolu, décidé, conquérant. Le fond de l'affiche est rouge, tout comme sa cravate : c'est 1789, 1830 et 1848 réunis. 

   Et puis tous les autres, les six, à nous zieuter. Eliminons : la blonde, tout d'abord. Elle sourit, tendue vers nous, sans vouloir montrer ses dents. C'est le grand méchant loup du Petit Chaperon rouge avec une perruque jaune. Lesquels d'entre nous va-t-elle croquer en premier ? Tout contre elle, la première, il y a Mémé Confitures, la mémé dont nous rêvons tous, tellement sympathique, avec son regard malicieux par dessus les lunettes vertes, rigolotes. Je me méfie. Sa photo est la plus belle, trop belle : je me demande où elle cache son martinet de juge. Au beau milieu, au 5, Ah ! celui-là, ses yeux mangent l'affiche, envahissent le cadre : il a l'air sincère, franc comme l'or... qu'il n'a sans doute pas. Et puis il s'appelle Bisou ! Ce doit être un pote sympa. On partirait bien en vacances avec lui. Sa copine, à côté de lui, se cache dans une petite photo, mais il y a trop à lire. Ca doit discuter ferme chez elle. Toutes ces petites lettres, ça décourage. La mine avenante et naturelle de Bisou fait un étrange contraste avec le sourire imperceptible et crispée de Dupont. On entend la voix du photographe : penchez-vous un peu en avant ! souriez ! ne bougez plus. Mais tu vois, Pamina, notre futur président, c'est le numéro 10. Il a la note la plus haute : 10 sur 10. Et l'ordre des panneaux l'a mis en premier. Admire sa stature présidentielle : quelle allure ! L'air décidé, il regarde vers nous, ses lunettes discrètes laissent voir son clair regard. On devine qu'il sait ce qui est bon pour nous. Et derrière lui, tu le reconnais ce paysage ? Tu les vois ces maisons à gauche, cette colline à droite : c'est chez nous. Alors, Pamina, tu as choisi ? On verra ça dimanche.

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article