Ma vie quotidienne, avec ses découvertes, ses lectures, ses reminiscences,ses souvenirs, sa musique, ses joies (et ses peines aussi, peut-être).
Touché par la grâce italienne, il s'est enfin converti. L'esprit de la cuisine d'au-delà des Alpes est descendu en lui. Où a-t-il été touché par cette foi nouvelle ? A Gènes (Genova), où il préparait son diplôme pour pouvoir embarquer sur ces grands bateaux blancs. De petits restaurants sympathiques où on consomme sans manière le vin blanc local en grignotant à la cuisine où il s'amuse, le seul capable !, à préparer un dîner pour ses collègues, Thibault a découvert en Italie une nouvelle religion : la cucina italiana. Alors maintenant il officie, revêtu des ornements sacerdotaux, le tablier, le torchon comme un manipule ; il va de droite et de gauche devant la cuisinière, j'allais écrire l'autel, les deux burettes, dont celle d'huile d'olive à portée de main, feuilletant le saint livre de la cuisine italienne et marmonant ses patenôtres : basilico, all'arrabbiata, pecorino romano, torti o penne, pancetta, pomodoro... Et quand arrive le moment sacré de la consécration, retentissent les paroles attendues : "A table ! c'est prêt !", eh bien le résultat est ... divin !
Vous voudrez connaître cette recette simplicissime et pourtant succulente des penne all'arrabbiata. Suivez le chef Thibault :
Pour deux gourmands, en plat unique : 200 grammes de penne ou de torti, 1/2 cuillère à café d'ail finement haché, 60 grammes de pancetta en fines lanières, 1 boite de 400 grammes de chair de tomates pelées et leur jus, la pointe d'un couteau de piment séché et concassé (le piment de Cayenne va très bien), 12 feuilles de basilic frais (le sec n'a aucune saveur), du pecorino romano râpé (à défaut du parmesan, mais comme la recette est romaine...) et bien sûr de l'huile d'olive vierge, première pression à froid (ad libitum).
Dans un sautoir, faire revenir l'ail à feu moyen, dans l'huile d'olive, jusqu'à ce qu'il colore un peu. Ajouter les lanières de pancetta (ou de fine poitrine de porc) et faire dorer légèrement. Ajouter les tomates, le piment et peu de sel (le porc est salé) et laisser mijoter à feu doux jusqu'à ce que les tomates aient réduit (30 à 40 minutes). Réserver. Les pâtes étant cuites (al dente), remettre la sauce à feu moyen, y éparpiller les feuilles de basilic, ajouter les pâtes égouttées, mélanger le tout et retirer du feu. Rectifier l'assaisonnement et arroser d'une cuillerée d'huile d'olive, parsemer du fromage rapé et servir aussitôt. Quoi d'autre ?